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Histoire de jogging-Les pollueurs

Caspar David Friedrich: Wanderer above the Sea of Fog, 1818 Source: WebMuseum (see "image archives" below
Caspar David Friedrich: Wanderer above the Sea of Fog, 1818
Source: WebMuseum (see « image archives » below

Après mon jogging je me laissais allègrement tomber sur une butte, dont l’herbe verte et brillante semblait m’appeler.
Bientôt je fermais les yeux pour savourer l’effet de la douce caresse du vent et du soleil, sur ma peau.
J’étais heureux.
Mon épiderme, libre, chauffait doucement et  mon corps heureux reposait sur un duvet d’herbe. La caresse sur mon bras s’accentua en léger chatouillement.
Ne serait-ce pas alors comme atteindre la perfection, si comme le voyageur de Caspar David Friedrich, j’ouvrais les yeux pour contempler une mer de nuages.
Voilà la pensée qui m’animait, quand persuadée de vivre un de ces « vrai moment » emplit de lyrisme qui construit les poésies, et nourrit les épanchements amoureux. Je rouvrais les yeux.
Tout d’abord, me masquant à moitié le ciel je vis la façade grise d’un immeuble.
Je me redressais désabusé, pour découvrir horrifié, que la caresse sur mon bras n’était qu’une araignée qui se baladait avec insouciance, sur moi.
D’un bond je me relevais pour chasser cet hôte indésirable, et je dévalais la butte en apercevant pour la première fois le lots de sacs éventrés et d’emballages vides qui jonchaient l’herbe en contrebas.
Je quittais le parc.
Mon sentiment de quiétude envolé.